L’Enjouée, le podcast – Episode 2 : Fais ci, fais pas ça !

L’Enjouée, le podcast – Episode 2 : Fais ci, fais pas ça !

22 novembre 2019 0 Par l'Enjouée

D’où peut venir cette sensation de n’être pas “assez” quelque chose.
Pas assez sereine, productive, tolérante, de ne pas être “suffisant.e”, de toujours devoir faire autrement, mieux.
Pour ma part, une bonne partie de ces sensations résultent des injonctions implicites ou explicites que m’imposent la norme, le milieu du bien-être et moi-même… Dans cet épisode, je vous partage ma réflexion sur le sujet des injonctions.

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Retranscription de l'épisode

Salut ! 
Ici l’Enjouée : le podcast qui veut voir le jeu dans la vie et la vie comme un jeu.
Je suis Doria Roustan alias l’Enjouée, je suis accompagnatrice, game designer et formatrice, certifiée en PNL et formée en Pratiques Narratives.
Dans ce podcast, je vais partager avec vous mes réflexions, mes explorations et mes expérimentations autour des thèmes de l’épanouissement personnel, du vivre ensemble et du jeu.
 
Aujourd’hui, je vais vous parler des injonctions implicites ou explicites qui régissent nos vies et qui nous font croire que nous ne sommes pas comme nous devrions être. Vous savez ces choses qui nous font dire “Il faudrait que je fasse ça”, “Je devrais être comme ceci”, et qui personnellement ont failli me rendre barjo. C’est un sujet qui m’habite depuis plusieurs mois, et j’avais envie de partager avec vous le fruit de mes réflexions. Comme d’hab ce que je vous propose ici est ma vision, prenez seulement ce qui vous intéresse !
 
Quand j’ai commencé à m’intéresser au développement personnel et au milieu du bien-être, il y a environ 2 ans,  je suis tombée toute entière dans la marmite. Parce que je trouvais les sujets très intéressants, parce que ça me faisait du bien, parce que ça apportait des réponses à des questions en suspens. Bref, j’avais tout un tas de bonnes raisons. Je crois que j’espérais devenir comme Obélix : super forte, super rapide, et ce en toutes circonstances. Doria, l’irréductible gauloise prête à défaire tout envahisseur, sans ciller. Et qui, au passage, porterait super bien les pantalons rayés. 
 
Alors j’ai regardé des dizaines de vidéos sur Youtube, j’ai écouté des podcasts, lu des articles et des livres sur les sujets du développement personnel mais aussi sur le zéro déchet, sur le mode de vie bio et naturel et j’en passe. Grâce à tous les contenus forts intéressants et les conseils explorés j’ai pu dessiner petit à petit dans ma tête une image de plus en plus claire de la version de moi que je voulais devenir.
Il y a tout un tas de choses que la nouvelle Doria ne ferait pas, et un autre tas de choses qu’elle ferait. Puis il y avait ce qu’elle dirait et ce qu’elle ne dirait pas, ce qu’elle achèterai et n’achèterai pas, la façon dont elle se comporterait, la façon dont elle devrait penser, s’habiller, manger, bouger, parler. 
Avec tout ça, j’avais de quoi détailler une fiche de personnage pour un jeu de rôle grandeur nature : le rôle de ma vie, littéralement. Bon ben, il n’y avait plus qu’à ! 
 
C’était parti. J’ai essayé d’appliquer tout ce que j’avais appris et au début ça m’a donné des ailes. Portée par le pouvoir de la potion magique, j’ai mis en place de nombreux changements dans ma vie dont je suis très fière aujourd’hui. Au bout de plusieurs mois, passée la phase de passion, je me suis rendue compte que j’étais en fait plutôt comme Asterix et que les effets de la potion étaient en train de s’estomper. Perso après un stimulant aussi fort, je pense que la descente est assez violente, mais bon, c’est pas clair dans les films ou les BD… En tout cas, moi j’ai pris la descente en pleine poire. Bah ouais, parce qu’une fois mises en places les choses les plus immédiates et faciles, ça s’est compliqué. 
 
Une fois mes cosmétiques et produits non naturels donnés, une fois mes affaires triées à la manière Marie Kondo, une fois mes vêtements conservés en fonction de mon profil colorimétrique Hiver Feu, une fois mes cheveux teints pour faire ressortir la “vraie” moi, et bien il a fallu entretenir les bonnes habitudes de mon nouveau personnage. 
Yoga, méditation et renforcement musculaire tous les jours, tout produit acheté bio sans emballage au marché sinon rien, rituel de gratitude le matin au réveil, celui des 3 kifs le soir, boire de l’eau citronnée au petit dej, marcher en nature au moins 1h par jour, utiliser la technique du pomodoro pour optimiser ma productivité et ma concentration, prendre le temps de communiquer avec mes émotions et toutes mes parties intérieures, et tout ça entre deux sessions d’exercices de Kegel. Rien de plus simple !
 
C’est ce que j’ai accepté de croire pendant un long moment. Que c’était facile pour tout le monde, sauf pour moi. Quand je voyais tous les créateurs de contenu, ça avait l’air tellement facile pour eux. Alors, j’ai fini par me dire que c’est moi qui avait un problème, que je n’étais pas “assez”. Pas assez motivée, pas assez active, pas assez organisée, pas assez zen, pas assez productive, pas assez tolérante, pas assez, jamais assez. Et bizarrement ça m’a miné le moral. 
Le comble quand on est à fond dans le bien-être, non ? 
 
 
Un jour, j’ai réalisé que la potion, luisante dans son chaudron, me faisait miroiter une illusion. Le reflet que me renvoi ce condensé de bonnes intentions est une image de moi, d’une Wonder Doria, qui est inaccessible. Simplement parce que toutes les injonctions qu’elle m’impose sont trop nombreuses et se contredisent les unes les autres. 
 
Et oui. Parce qu’il faudrait être forte et aussi assumer sa vulnérabilité.
Il faudrait être une professionnelle productive pro active et aussi prendre du temps pour soi et se poser.
Il faudrait faire des bons petits plats tout en faisant attention à sa ligne tout en ne faisant pas de régime. 
Il faudrait être autonome, faire tout toute seule, et en même temps ne pas avoir peur de demander de l’aide. 
Il faudrait être une femme séduisante et pas cochonne, élégante et décontractée.
Il faudrait être la femme mystérieuse, tout en étant la bonne pote, l’amante torride, et la mère douce et sage.
Il faudrait être authentique avec les autres et faire attention à sa parole en prenant beaucoup de précautions pour bien communiquer.
Il faudrait s’accepter comme on est et devenir une meilleure version de soi-même. 
Vous voyez où je veux en venir ?
Sans que je m’en rende compte, ces injonctions contradictoires me faisaient tourner en bourrique. 
 
Pour moi il y a des injonctions qui sont explicites, elles sont clairement énoncées comme étant ce qu’il faut faire. 
Par exemple : “Manger 5 fruits et légumes par jour”, ” Faire 30 min d’exercices”, ou encore ” Tenez votre droite ” qu’on peut retrouver dans certains métro. Tiens d’ailleurs, imaginez que ces panneaux disent “Tenez votre droite tout en tenant votre gauche”. Confusant n’est-il pas ? Vous risqueriez de vous retrouvez au milieu de l’escalator, une main sur chaque rampe, à créer un embouteillage qui ferait râler plus d’un passant pressé. Voila ce que nous demande en réalité ces injonctions contradictoires : avoir une main sur chaque rampe et nous mettre dans une position inconfortable. 
 
Il y a aussi des injonctions plus implicites, qui sont visibles mais en même temps cachées. Comme par exemple : “Faire du macramé pour se reconnecter à ses désirs” qui transmet le message explicite qu’il faudrait faire du macramé, mais aussi le message implicite qu’il faudrait être reconnecté à ses désirs. Ou encore “5 astuces pour vivre une vie équilibrée”  sous entendu “il faut avoir une vie équilibrée”. Il y a des milliers d’exemples, dans le développement personnel mais pas que. Partout. La norme, même silencieuse, nous impose de nombreuses injonctions implicites sur la façon dont nous devrions penser, agir, vivre, être. Et ces injonctions prennent corps et nous finissons par nous les imposer à nous même et à les imposer aux autres, sans nous en rendre compte. C’est puissant le pouvoir de la norme.
Un jour, je me suis exhortée à ne plus du tout produire d’injonction, ni pour moi, ni pour les autres. C’était horrible, je ne pouvais plus parler. C’est très très difficile de ne pas en faire du tout, jamais, pour ne pas dire impossible. 
 
Toutes ces injonctions sont autant de pressions que j’ai accumulé, et qui, étant contradictoires et inaccessibles, m’ont mis en état d’échec répété. Mon quotidien s’est transformé en auto analyse permanente de ce que je faisais et ne faisais pas correctement. A chaque fois que je ne faisais pas “bien”, j’échouais. Assez normal que mon moral en ait pris un coup non ? Avoir l’impression d’échouer constamment à être comme on voudrait être. C’est dur. 
Et je trouve les injonctions du bien-être particulièrement douloureuses. La maîtresse injonction du bien-être c’est : être bien, être heureux. 
Avoir l’impression d’échouer à être heureux, n’est-ce pas plus terrible qu’échouer à être milliardaire ? Pour moi oui.
J’en arrivais à me dire “J’arrive même pas à être juste bien. Même pas ça.”
Quelle terrible pression que celle du bonheur !
 
Ce tableau que je vous dresse à de quoi faire grincer les dents d’un chat. Il n’y a pas de remède miracle à ces injonctions qui sont omniprésentes, explicites, implicites, qu’elles soient imposées par la norme, par le milieu du bien-être ou tout autre contexte. Simplement, comme pour beaucoup de choses, en prendre conscience c’est déjà énorme. Savoir que cela existe, savoir ce qui se joue parfois derrière nos objectifs ou nos désidératas, cela permet de se poser des questions. Et comme vous le verrez dans ce podcast, j’aime me poser des questions. 
Une fois qu’on sait, c’est possible d’observer, de les repérer ces coquines, et de les remettre en question. 
Aujourd’hui, quand j’en vois une je me dis : “D’où elle vient cette injonction ? Est-ce qu’elle me convient ? “
Ou encore “Est-ce que j’ai vraiment envie de ça ? Est-ce que ça vient de moi ou d’ailleurs ? Est-ce que c’est important pour moi ? Qu’est-ce que ça va m’apporter ? Qu’est-ce que je vais perdre ? “
Et enfin… ” Qui a intérêt à me faire croire que je dois faire ou être ou penser comme ça ? 
 
Le fait de pouvoir les repérer et les trier, en adoptant celles qui m’apportaient réellement quelque chose, ça a fortement fait baisser la pression. Il y a des fois, je manque de me faire attraper par une implicite, et hop, au dernier moment je fais demi tour. Et à ce moment là, qu’est-ce que je me sens forte. Capable de résister à cet envahisseur très convaincant. Pas a la manière d’Obélix, ni à celle d’Astérix, mais bien à ma façon, quand je veux et avec les moyens disponibles à bord. 
 
Si je vous partage ces réflexions c’est parce que j’ai croisé de nombreuses personnes affligées par leur incapacité à être qui elles voulaient être ou pensaient devoir être, en commençant par moi même. Et que j’ai pu voir que cela affectait leur moral. 
Vouloir adopter de nouvelles habitudes, générer le changement, mieux communiquer, tout ça c’est ok en soi. Je n’ai rien contre les techniques en elles-mêmes, ni leurs créateurs, simplement je souhaite attirer votre attention sur les injonctions implicites que leur existence même génère.
 
Ceci est une invitation à la tolérance envers vous même, vous faites de votre mieux. Wonder Woman et Superman, tout sexy qu’ils soient, n’existent malheureusement pas.  
La seule injonction que j’accepte volontiers pour moi aujourd’hui c’est “Laisse-toi tranquille !”
Si vous voulez la tester, allez-y, je vous la prête, et si vous n’y arrivez pas, tant mieux ! 
 
 
J’espère que cet épisode sur les injonctions vous a plu.
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En attendant de vous retrouver pour de nouveaux épisodes, je vous dis : ” à bientôt !”